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Doctorante en études hispaniques, Laboratoire d’Études Romanes (LER), Université Paris 8.
Domaines de recherche : Analyse du discours politique; Humanités numériques; Recherche-création; Philosophie de la traduction
Titre de la thèse : Traduire la révolution : dictionnaire performatif des intraduisibles du discours politique cubain postrévolutionnaire
Mots clés : discours politique cubain ; intraduisibles, Révolution ; performativité
Présentation de la recherche : cette thèse propose une analyse des intraduisibles du discours politique cubain depuis 1959 jusqu’à aujourd’hui. En s’appuyant sur la définition de Barbara Cassin — l’intraduisible comme ce qui « ne cesse pas de ne pas se traduire » — elle examine des termes tels que revolución, pueblo et Patria, dont la traduction ne parvient pas à stabiliser les enjeux idéologiques.
Le corpus, constitué de discours officiels, de presse institutionnelle et de textes issus de la diaspora, est abordé selon une perspective diachronique. L’objectif est d’identifier les déplacements sémantiques et les reconfigurations idéologiques de ces termes au fil des périodes historiques.
Le cadre théorique articule analyse critique du discours (Teun A. van Dijk), théorie de la performativité (Austin, Butler) et typologie de la traduction (Jakobson). L’intraduisible est envisagé non seulement comme résistance interlinguistique, mais comme nœud sémiotique impliquant reformulation intralinguistique et retraduction intersémiotique.
La recherche débouche sur la conception d’un dictionnaire performatif : chaque entrée associe analyse historique, concurrence traductive et proposition scénique. Le dictionnaire ne vise pas à fixer le sens, mais à exposer la conflictualité idéologique inscrite dans la langue.
Le projet montre que les intraduisibles constituent un observatoire privilégié du politique dans la langue, révélant les mécanismes de légitimation, de polarisation et de mémoire collective à l’œuvre dans le discours cubain postrévolutionnaire.