Analyse des discours de l'Amérique latine

Representaciones discursivas de la homosexualidad y de la homofobia en Brasil : Análisis del video ¿Miedo de qué?

Glaucia Lara
Université Fédérale de Minas Gerais (Brésil)
Manuella Felicíssimo
Université Fédérale de Minas Gerais (Brésil)

Résumés

[Français]
Cet article, qui s’inscrit dans la perspective de l’Analyse du Discours française dans son dialogue avec les sciences sociales, analyse la vidéo Medo de quê ? (Peur de quoi ?) du « Kit antihomophobie », un outil pédagogique destiné aux lycées et interdit par la présidente Dilma Rousseff en 2011. Nous cherchons ainsi à détecter certaines des représentations de l’homosexualité et de l’homophobie circulant dans l’imaginaire brésilien.

[Español]
Desde la perspectiva del Análisis del Discurso francés en su diálogo con las ciencias sociales, analizamos el video Medo de quê? (¿Miedo de qué?), que integra el “Kit contra la homofobia”, una herramienta destinada a las escuelas y prohibida por la presidenta Dilma Rousseff en 2011, con el fin de examinar algunas representaciones de la homosexualidad y de la homofobia que circulan en el imaginario brasileño.

Mots clés : discours, école, représentation, homosexualité, homophobie.
Palabras claves: discurso, escuela, representación, homosexualidad, homofobia.

Texte intégral

[Ce texte, traduit du portugais (Brésil) par Lionel Sturnack et révisé par Irène Gootjes, a été publié dans le vol. 13, n. 2, de la revue brésilienne Cadernos de semiótica aplicada (CASA), en février 2015].

En mai 2011, la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, s’est opposée à la diffusion du « Kit antihomophobie », une série d’outils pédagogiques qui s’intègre dans le projet École sans Homophobie, faisant lui-même partie d’un projet plus large – « Brésil sans Homophobie » – créé par le gouvernement fédéral en 2004. Le contenu complet de ce kit reste peu connu. On sait toutefois qu’il comprend un ensemble de cinq vidéos élaborées par l’Organisation non gouvernementale ECOS (Communication sur la sexualité), avec l’appui du MEC/SECAD (Secrétariat à l’éducation continue, l’alphabétisation, la diversité et l’inclusion).

Selon ses créateurs, le kit est destiné aux conseillers d’éducation de l’enseignement secondaire dont l’objectif est de promouvoir le respect de la diversité sexuelle dans le cadre scolaire et d’éradiquer toute forme de violence vécue par les élèves homosexuels au cours de leur vie scolaire. Tout semble indiquer que l’interdiction de la présidente a été le résultat de fortes pressions exercées par différents secteurs de la société, notamment par la « branche évangélique » du Congrès national, qui rassemble un groupe de députés liés à différentes églises évangéliques au Brésil.

Nous nous appuierons sur le cadre théorico-méthodologique de l’école française d’analyse du discours (AD), dans son dialogue avec les notions d’identité, de mémoire et de représentation sociale, développées dans le champ des sciences sociales (voir Hall, 2006 ; Polak, 1992 ; et Moscovici, 2012), pour analyser le discours de l’une des vidéos du kit – Medo de quê ?/ Peur de quoi ? (2005, 18 min) – afin de détecter certaines des représentations de l’homosexualité et de l’homophobie qui circulent dans l’imaginaire brésilien.

Cadre théorique

Identité, homosexualité, homophobie et hétéronormativité

La question de l’identité est fondamentale pour comprendre les discours qui sont construits autour des notions d’hétéronormativité/hétérosexualité (1), d’homosexualité et d’homophobie. Ces discours sont traversés, de manière constitutive, par des formations discursives (FDs) qui, en déterminant ce qui peut et ce qui doit être dit dans les circonstances dans lesquelles ils se (re)produisent, établissent la délimitation des frontières (nous versus eux), ce qui implique la reconnaissance de ce qui est égal et de ce qui est différent pour la constitution de l’identité.

Selon Hall (2006), l’identité peut être définie, en quelques mots, comme le sentiment d’appartenance. C’est elle qui situe le moi et l’autre dans des espaces déterminés (pas nécessairement physiques), et qui rend possible le sentiment de classe, de groupe, etc. Elle instaure ainsi les ressemblances (et les différences) en entretenant le sentiment d’ordre social et culturel.

Parler d’identité renvoie à la notion de représentations sociales : c’est grâce à elles que les sens partagés hier et aujourd’hui – et, donc, aussi ceux liés à l’identité – nous parviennent et sont assumés (ou rejetés) par nous, les sujets. Pour Moscovici (2012, p.37), les représentations sociales fonctionneraient comme un modèle de vérité préexistant, afin que les sujets les repensent, les répètent, les réintroduisent. En d’autres termes, les sujets s’appuient toujours sur cette base (que sont les représentations) qui, n’appartenant pas spécifiquement à eux, mais étant en eux et les constituant, peuvent être considérée(s) comme des espèces de déjà-dits qui s’accumulent (de manière organisée) et se présentent comme la réalité elle-même. Ainsi, les manières d’être, de penser et d’agir seraient toutes basées sur les représentations qui nous sont sous-jacentes. Les notions d’identité, de représentation sociale et de discours (avec les FDs qui le traversent) s’imbriquent autour de la thématique de l’homosexualité/homophobie ici abordée.

Le 21e siècle, marqué par l’abondance de technologie et d’information, a permis un transit important des personnes, des discours et des sens, ce qui rend les identités plus fluides et inconstantes. Cela signifie qu’un sujet n’incorpore pas une identité fixe et immuable, mais qu’il se (re)construit toujours du point de vue identitaire (Hall, 2006).

Comme ce monde postmoderne (2), avec toute son instabilité, n’est pas compris ni vécu de la même manière par tout le monde, certaines tensions voient le jour qui peuvent expliquer la résistance, l’intolérance, le sentiment de peur de l’autre, éprouvés par de nombreux individus et groupes. Cette peur de l’autre perçu comme l’étrange, le différent, peut conduire à la création de groupes/communautés qui veulent garantir leur existence et renforcer leur propre identité.

Dans ce contexte, s’instaure un processus de conflit, une confrontation entre tradition et modernité, entre démarcation et rupture de frontières, qui nous aide à comprendre une des formes d’intolérance présente dans la société : l’homophobie ; soit, toute forme de négation de l’homosexualité pouvant engendrer des sentiments d’aversion, de répulsion ou de peur vis-à-vis de l’autre (l’homosexuel). Cela tient surtout au fait que, dans l’espace social, l’identité hétérosexuelle est attachée à une pratique et à un comportement appartenant à la norme (donc à la « normalité »). Alors que l’homosexualité est encore aujourd’hui conçue comme une distorsion de la norme et donc comme une « anormalité » ou une anomalie. Autrement dit, comme la xénophobie et le racisme, l’homophobie est une manifestation d’intolérance, une forme de contrôle de l’autre. Dans ce cas, le contrôle passe par le rejet, par la négation et par la soumission de l’autre à un ordre, à une identité historiquement construite et considérée comme supérieure : l’hétérosexualité.

L’histoire nous éclaire pour comprendre comment s’est établie l’opposition entre homosexualité et hétérosexualité, une opposition assumée par le sens commun comme une vérité difficilement contestable. À l’exception de l’Antiquité classique (Grèce), durant laquelle la relation affective et/ou sexuelle entre deux hommes était considérée comme légitime – et même normale –, ce que l’on observe au cours de l’histoire, c’est un processus d’exclusion des homosexuels et de l’homosexualité, spécialement à partir de la fondation de la culture judéo-chrétienne (Borillo, 2010).

Selon cette conception religieuse, l’homosexualité était une transgression de la loi de Dieu (un péché). Mais l’homosexualité n’a pas seulement été niée dans la sphère religieuse : nous assistons également à l’exclusion de l’homosexualité par rapport à la norme dans le champ de la science et de la psychiatrie. Au 19e siècle, ces deux sphères de la connaissance se sont employées à connaitre les causes de l’homosexualité en proclamant, pour ce faire, l’existence d’une sexualité standard – l’hétérosexualité – qui maintenait les homosexuels à l’écart. On les a dits « malades », « anormaux » et « pervers ». Cette mémoire (sociale et discursive) ainsi construite fonctionne encore aujourd’hui comme un argument fort en faveur de l’hétérosexualité, tenue pour un comportement correct, sain et normal.

En somme, les évènements cités ont alimenté, au cours de l’histoire, la construction de l’hétéronormativité, que nous pouvons comprendre comme étant un ordre social et culturel (un standard) qui ancre l’hétérosexualité en tant que comportement et identité légitimes. Cette norme, une fois érigée en vérité, tend à être assumée par la société, qui la sollicite et qui la préserve, puisque c’est une des formes de conquête de l’appartenance sociale : celui qui n’y adhèrerait pas aurait tendance à être sanctionné négativement. Cependant, les transformations sociales de ces derniers temps ont favorisé l’apparition d’un mouvement de contestation des standards préétablis : le féminisme, la lutte contre le racisme et toutes les formes de défense des minorités. En ce qui concerne les homosexuels, ce mouvement revendique la liberté sexuelle, le respect de la diversité et, plus récemment, l’égalité des droits.

Au Brésil, un mouvement homosexuel bien organisé – et chaque jour plus politisé – a permis le dialogue avec les sphères politique, juridique, médiatique, et a réalisé, depuis lors, des avancées considérables. Nous assistons donc à la construction de la légitimité homosexuelle qui, à mesure qu’elle croît, provoque aussi des conflits avec des secteurs et/ou des groupes sociaux qui, en fonction des valeurs idéologiques dans lesquelles ils s’insèrent, nient l’homosexuel et l’homosexualité. Autrement dit, une confrontation entre les identités homosexuelles et hétérosexuelles se projette et s’incorpore dans divers discours et institutions.

Mémoire, historicité et formations discursives

Comme nous l’avons déjà mentionné, outre les questions liées aux sciences sociales (et principalement à la construction des identités), nous convoquerons, pour analyser notre objet d’étude, quelques concepts de l’analyse du discours française, à savoir : mémoire, historicité et formations discursives. À la suite de réflexions de Pêcheux et Fuchs (1990), nous entendons que tout discours comporte du déjà-dit ; il est traversé constitutivement par une historicité sans laquelle il n’aurait aucun sens. Dans ce processus, les FDs s’élaborent comme des « lieux » qui légitiment la parole, en établissant, comme mentionné en 1.1., ce qui peut et ce qui doit être dit à partir d’une conjoncture donnée. Cependant, une FD n’est pas un bloc statique et fermé, mais une réalité dynamique, qui se déplace en permanence, créant donc, dans l’espace de l’interdiscours (entendu au sens d’espace d’échange entre diverses FDs), un mélange constant de frontières entre les FDs.

Nous considérons que parler d’interdiscours, dans la perspective de Pêcheux et de ses relecteurs, revient à parler de mémoire. Pour Pollak (1992), dans le cadre des études sociales, la mémoire individuelle ainsi que la mémoire collective ont pour caractéristique la présence d’invariants : des faits répétés, réitérés plusieurs fois par le sujet ou par une collectivité et qui, même face à l’essence fluctuante de la mémoire, restent constants. Dans le cadre de l’AD, la mémoire est surtout conçue comme un objet partagé par une collectivité et qui finit par la constituer. En outre, elle est vue comme un facteur indispensable pour la construction du sens, puisqu’elle ancre ce qui est en train d’être dit dans d’autres dires, énoncés précédemment. C’est par rapport à ces autres dires que se choisissent les dits et les non-dits, que sont mis en avant les effacements, les mises sous silence, les réitérations et les cristallisations de sens du/dans le discours.

Par conséquent, c’est à partir de la mémoire que s’interprète et que se construit le sens. En tant qu’effet idéologique, le sens est quelque chose de toujours nouveau, bien qu’il soit lié à des sens antérieurs. Orlandi (1988) décrit deux processus de construction du sens : le paraphrastique, qui correspond à la réitération de sens déjà construits ; et le polysémique, qui se réfère à la possibilité d’inauguration de sens nouveaux, grâce au déplacement du même, du garanti, du sédimenté. L’auteure explique ces processus à partir des notions corrélées de productivité et de créativité :

La productivité se donne dans l’obtention d’éléments variés au travers d’opérations qui sont toujours les mêmes […] qui cherchent à maintenir le dicible dans le même espace de ce qui a déjà été institué […] ; la créativité instaure le différent dans le langage dans la mesure où l’usage peut rompre avec le processus de production dominante du sens. (Orlandi, 1988, p. 20).

En accord avec l’auteure, on peut affirmer que les moments marqués par d’importantes transformations historiques tendent à faire apparaitre de nouveaux sens/discours (processus polysémique), révélateurs de ces transformations, dès lors que le discours ne se départit pas du contexte socio-historico-idéologique dans lequel il se constitue. D’une part, on peut ainsi supposer que le discours que nous examinons nous révèlera quelque chose de nouveau. D’autre part, on ne peut perdre de vue qu’il est aussi attaché au déjà-dit (processus paraphrastique), puisqu’il n’y a pas de discours sans mémoire.

Comme nous l’avons dit, le discours de la vidéo analysée émerge dans un contexte de profonds changements sociaux, politiques et culturels autour de la question de l’homosexualité et des homosexuels dans le contexte brésilien. Ce que nous espérons trouver, c’est une manifestation discursive révélatrice des tensions suscitées par la confrontation entre les identités homosexuelles et hétérosexuelles (ces dernières soutenues par l’hétéronormativité), ainsi que l’apparition d’une nouvelle vision du monde en relation à l’homosexualité, un aspect fondamental pour qu’advienne sa légitimité.

Analyse de la vidéo Peur de quoi ?

Concernant l’analyse de la vidéo Peur de quoi ?, une mise en garde s’impose d’emblée : par souci de temps et d’espace, nous nous en tiendrons au contenu de la vidéo, là où le discours se révèle dans sa plénitude, là où pointent les FDs en jeu. Dès lors, il ne sera pas question de formes d’expression (visuelle, sonore), même si nous reconnaissons leur importance dans la construction du sens.

Ainsi que nous l’avons mentionné, Peur de quoi ? vise à encourager le respect de la diversité sexuelle et à combattre la violence et les discriminations subies par les personnes homosexuelles dans le milieu scolaire. Nous avons donc affaire à des outils pédagogiques créés dans un but spécifique, celui d’enseigner dans les écoles le respect de l’homosexuel et de l’homosexualité, et de lutter contre l’homophobie.

La vidéo appartient au genre « film d’animation ». À cet égard, il nous parait important de souligner quelques aspects pertinents du point de vue discursif. Le premier est le fait qu’il s’agit d’un genre à haute teneur fictionnelle, qui n’a par conséquent pas d’attache dans le réel (bien qu’il puisse en provenir ou s’en inspirer). Le second fait concerne la projection de l’image du destinataire, le jeune élève de lycée, vu qu’il s’agit d’un genre orienté vers le public infanto-juvénile. Le choix de l’animation est donc compatible avec le public cible.


Un autre aspect à considérer, c’est que la vidéo est dépourvue de dialogue. Bien qu’elle mobilise des moyens sonores (musique, bruits, etc.), les personnages ne parlent pas, les images devenant les grandes protagonistes de la communication. On observe ainsi un « effacement » du narrateur, qui crée l’impression que le récit se raconte tout seul. L’utilisation du crayon, qui dessine les personnages et les situations au fur et à mesure du développement de l’histoire à l’écran, accentue cet effet d’« effacement ». Bien entendu, il ne s’agit que d’un effet de sens, puisque l’énonciateur, en tant qu’instance responsable des valeurs véhiculées dans/par le texte, est tout le temps présent et articule ce qui peut et ce qui doit être (ou ne pas être) dit dans ce contexte : il « gère » les FDs et les Formations idéologiques (FIs) en jeu.

Le récit et son analyse

Peur de quoi ? relate la trajectoire d’un jeune pendant le processus de découverte de son homosexualité. Ce processus est marqué par l’acceptation de soi et par la résistance que sa famille et ses amis lui opposent, tous ancrés dans les valeurs de l’hétéronormativité. Le jeune homme, qui s’appelle Marcelo, correspond à ce que l’on peut qualifier d’archétype du jeune homme modèle : celui qui, en principe, s’inscrit dans la norme, qui est donc porteur de ce que l’on considère comme étant les « bonnes valeurs sociales ».

Nous avons divisé le récit en quatre moments, considérés comme les marques des principales transformations que connait le personnage principal (Marcelo). Le premier nous situe dans le procès de construction du personnage : son histoire, sa situation narrative ; le second correspond à la découverte de l’homosexualité ; dans le troisième, nous avons la confrontation entre l’homosexualité et les valeurs de la société hétéronormative ; enfin, dans le quatrième, nous observons la résistance aux valeurs de l’hétéronormativité et la construction d’une identité homosexuelle. Les paragraphes qui suivent sont consacrés à une brève description de chacun de ces moments, en cherchant à identifier les FDs dominantes en chacun d’eux, sans perdre de vue toutefois qu’elles traversent constitutivement tout le texte, compte tenu de l’hétérogénéité qui est à la base même du dire.

Toutefois un défi se pose : comment appréhender les FDs dans un texte non verbal/visuel et donc dépourvu d’éléments linguistiques ? Pour résoudre ce problème, nous proposons d’utiliser des catégories de thèmes et de figures procédant de la sémiotique du discours qui, à notre avis, ne semblent pas incompatibles avec la notion de FD. Nous créons ainsi un dialogue entre la théorie sémiotique et l’AD, comme le fait le sémioticien brésilien José Luiz Fiorin, lorsqu’il définit une FD comme « un ensemble de thèmes et de figures qui concrétisent une vision donnée du monde » (Fiorin, 2006, p. 32).

En résumé, le thème « désigne un élément [sémantique] non présent dans le monde naturel, mais qui joue un rôle de catégorie ordonnant les faits observables ». La figure, à son tour, est également un élément sémantique, mais qui se réfère à quelque chose du monde naturel (ou construit comme tel). (Fiorin, 2006, p. 24). Comme la vidéo est un texte essentiellement figuratif, il nous reste à découvrir, sous les figures, les thèmes qui les constituent et leur donnent un sens, pour arriver aux FDs dominantes. Venons-en donc aux principaux moments de la narration et son analyse (3).

Moment 1 : Au début, le spectateur peut observer le processus de création du personnage principal qui s’effectue grâce à un crayon animé qui danse dans l’air (et qui va intervenir à d’autres moments de la narration). Ainsi, Marcelo prend forme et se trouve très vite inséré dans une piste de Grand Prix (GP) de vitesse, où il pilote une moto et est applaudi par le public. Le son constant du bruit de la moto nous inscrit dans le contexte de l’aventure vécue par le jeune homme. Plus tard, ce son est interrompu par un autre bruit incommodant, semblable à celui d’un engrenage qui ne fonctionne pas bien. À partir de ce moment, nous percevons que nous sommes immergés dans l’imaginaire de Marcelo : il ne pilotait pas une moto réelle, mais une moto pour enfant fixée au sol dans le garage de sa maison, à côté d’un ventilateur (responsable du bruit incommodant).

Par la suite, le spectateur voit surgir des images photographiques qui présentent l’histoire de Marcelo avec son meilleur ami. On voit les garçons à différents moments : jouant au ballon, jouant avec la moto, s’amusant avec d’autres amis. Apparait ensuite le père de Marcelo dans le garage, et le même procédé est utilisé pour nous donner accès au passé du jeune homme : nous le voyons avec son père, dans une relation marquée par le compagnonnage et par l’affection (aussi liée à la figure de sa mère).

Le recours aux photos, qui représentent un temps antérieur au moment de l’histoire, nous permet d’observer la création d’une image positive du personnage principal : celle d’un jeune qui a des relations amicales solides, qui a une famille standard (un père et une mère), qui est régulier à l’école et qui aime les jeux perçus comme typiquement masculins. On peut considérer la moto, le GP et le football comme des figures qui recouvrent le thème de la masculinité, compte tenu des valeurs que la société, en général, attache à ces éléments.

Ainsi, cette présentation de Marcelo nous permet d’appréhender la FD de la normativité. Dans ce premier moment, nous constatons que Marcelo s’insère dans la norme : les images de la famille, celle de l’ami, de concert avec les figures qui correspondent au thème de la masculinité, nous montrent qu’il incorpore des valeurs sociales positives, correspondant aux expectatives de la société en relation au rôle d’un jeune homme de sexe masculin. Aux côtés de cette FD, sans pour autant s’y (con)fondre totalement, on trouve la FD de l’hétéronormativité, à partir de laquelle l’hétérosexualité est perçue comme unique identité et comportement sexuel légitimes. L’hétéronormativité est ce qui établit, par exemple, des rôles déterminés pour l’homme et pour la femme dans le cadre du genre social. Ceci peut être vu dans la scène où le père et le grand-père de Marcelo discutent de l’avenir du garçon : les figures liées aux thèmes du mariage « traditionnel » (entre un homme et une femme) et de la procréation (4) surgissent dans l’imaginaire de ces deux personnages; ou encore quand Marcelo passe devant eux avec une petite amie présumée, comme pour renforcer les attentes liées au « rôle de l’homme » dans la société hétéronormative.

Moment 2 : C’est ici que Marcelo découvre son homosexualité. Marchant dans les rues de la ville, il croise un jeune métis qui joue de la guitare. Nous sommes à nouveau transportés par la subjectivité de Marcelo ; nous voyons son corps flotter entre les notes musicales, dans la représentation d’un état d’âme euphorique qui révèle son enchantement vis-à-vis de l’autre jeune homme. À ce moment-là, nous avons une construction positive de l’homosexualité, ancrée dans des figures poétiques qui renvoient au thème du lyrisme, une des formes d’expression de l’amour romantique.

Le désir homosexuel deviendra chaque jour plus grand dans la vie de Marcelo. Pour cette raison, lorsqu’il croise à nouveau le jeune homme à la guitare, Marcelo se résout à traverser la rue pour aller à sa rencontre. Dès ce moment, nous voyons une séquence d’images qui montre (représente) les moments vécus par les deux jeunes durant une relation marquée par le loisir, l’intimité sexuelle, une vie sociale dans l’espace public (ils sortent ensemble, vont dans des bars, se donnent la main et s’embrassent même devant les autres, tout en démontrant leur joie de vivre cette relation) et la constance (les évènements se répètent pour insister sur la longueur de la relation au fil du temps). Nous nous trouvons devant une FD de l’homosexualité qui, jusqu’à présent, ne réfute pas la FD de l’hétéronormativité. Cela n’arrive qu’au cours du Moment 3.

Moment 3 : Marcelo affronte diverses formes de résistance venant de la société par rapport à l’affectivité et à la sexualité de l’homosexuel. Il devient alors la cible de regards pleins de curiosité et d’incompréhension lorsqu’il est dans l’espace public avec son compagnon ; il s’éloigne de son meilleur ami (qui, au début, n’accepte pas sa « nouvelle » condition) et il affronte le rejet silencieux de ses parents (sa mère, par exemple, se refuse à lui parler même quand ils sont chez eux). Cette tension entre FDs (celle de la normativité hétérosexuelle et celle de l’homosexualité) permet l’émergence d’une autre FD : celle de l’homophobie, attachée à des thèmes comme l’aliénation familiale, le rejet, la curiosité, la ségrégation et la vexation, dont font partie les regards, les huées et les chuchotements exprimés par ceux qui perçoivent la présence du couple homosexuel. Parallèlement à cette FD, apparait aussi le thème de la surveillance sociale qui nous montre le caractère policé de la société en général, favorable à ce que la norme socialement établie (dans ce cas, l’hétéronormativité) soit restaurée. Les yeux rouges que trace le dessin au crayon autour de Marcelo et de son compagnon sont un bon exemple de ce type de surveillance.

Cependant, Marcelo résiste à la manipulation, l’hétéronormativité ne faisant plus partie de son horizon d’attente. En outre, avec sa « nouvelle » condition (l’homosexualité) apparaissent des sentiments positifs, tels le plaisir et la joie. Autrement dit, ses relations avec son compagnon sont représentées par des visages souriants et par la proximité (notamment physique) des deux.

Moment 4 : Marcelo participe activement à une manifestation en faveur des droits des homosexuels. La figure du drapeau aux couleurs de l’arc-en-ciel que brandit le personnage illustre le thème du militantisme homosexuel. Le jeune homme va dans l’espace public pour revendiquer l’égalité des droits, la légitimité gay, cela même devant la résistance qu’il rencontre dans son cercle social. Ce qui est alors en jeu, c’est la FD de la légitimité homosexuelle.

Le processus de découverte et de révélation de l’homosexualité de Marcelo apparait également à travers la dimension spatiale : le personnage sort de l’espace fermé (son intimité, sa subjectivité, sa chambre) vers l’espace ouvert (l’espace public : les manifestations de rue, la protestation véhiculée dans les journaux, etc.).

À la fin, le protagoniste prend le crayon qui, jusque-là, avait agi seul et se met à dessiner plusieurs couples homosexuels sur la scène, illustrant, à travers ces figures, le thème de l’acceptation de soi et montrant, par là même, qu’il est devenu le sujet de sa propre histoire.

Discussion : les FD en jeu

À partir des quatre moments décrits ci-dessus, nous pouvons appréhender les FDs qui, en dialoguant dans l’intradiscours (le « fil » du discours de la vidéo), représentent les FDs qui traversent l’interdiscours dans le domaine de la sexualité et révèlent les tensions idéologiques (5) existant dans la société brésilienne actuelle.

La FD de l’hétéronormativité correspond à la construction d’une norme sociale. Comme cela a été dit, elle caractérise ce qui est acceptable ou déplacé pour la société à partir des valeurs de l’hétérosexualité, considérée comme positive, normale et saine. Nous avons vu que la construction initiale du personnage de Marcelo l’identifie à la norme ; il correspond au prototype du jeune homme modèle (celui qui a une famille « normale », qui va à l’école, qui aime les sports masculins, etc.). Cela en fait un sujet appartenant à un ordre préétabli. Marcelo rompt avec les expectatives sociales uniquement pour assumer son homosexualité, sans s’affranchir d’autres présupposés, sauf celui de l’hétéronormativité. En ce sens, l’objectif du discours ne semble pas être de nier la normativité, mais bien l’hétéronormativité. Autrement dit, Marcelo appartient à la norme sociale, mais pas à la norme hétérosexuelle. La normativité et l’hétéronormativité sont des choses distinctes dans le discours de la vidéo, même si elles sont liées sous quelques aspects.

Marcelo véhicule une image de l’homosexualité attachée à la normalité et donc éloignée du sens commun et des stéréotypes – par exemple, ceux qui associent l’homosexualité à l’efféminement, à la promiscuité sexuelle ou au trouble. La composition du personnage ne correspond en rien au ton caricatural qui accompagne très souvent les représentations de l’homosexualité. On n’est pas non plus confronté à un personnage malheureux, tourmenté par ses propres doutes, à la différence de ce que nous révèlent diverses histoires de jeunes homosexuels (voir, par exemple, Modesto, 2010).

Au contraire, nous avons un jeune homme qui résiste aux obstacles et qui finit par s’accepter comme il est, en vivant pleinement son homosexualité et en y trouvant du plaisir et de la joie. Le personnage est par conséquent construit à partir de valeurs positives, presque configuré comme un héros. L’homosexualité est donc présentée comme positive dans le discours étudié, triomphant dans la lutte contre la FD hétéronormative qui relègue le différent – l’homosexuel – à la position du malade (FD médicale) et/ou du pécheur (FD religieuse). Concernant la construction de la normativité, il est important de remarquer que Marcelo, même en étant homosexuel, s’assimile à l’identité masculine. Ce procédé, en plus de corroborer la construction d’une normativité qui légitime l’homosexualité, promeut également la crédibilité du discours.

Si l’on se rapporte au passé, nous vérifions que l’identité masculine a toujours occupé une place privilégiée dans les relations sociales. La société patriarcale, dans laquelle la figure de l’homme était celle d’une autorité indiscutable, imprègne cette identité et lui confère une grande valeur. De cette façon, la légitimation de l’homosexualité liée à l’identité/l’autorité masculine souligne la soumission à une représentation (un discours) considérée comme supérieure et investie de légitimité. Il y a là une représentation des relations de pouvoir qui fondent les relations de genre dans notre société.

Ainsi note-t-on, dans le discours étudié, une tension qui constitue la réalité discursive ; un sens nouveau s’institue : la positivité de l’homosexualité (processus polysémique), ayant recours pourtant à des dires cristallisés et répétés, telles la représentation de la masculinité et celle de l’institution familiale traditionnelle, par exemple (processus paraphrastique) – sans lesquels il y aurait un risque de non-acceptation du discours par le destinataire –, à partir de certaines valeurs consensuelles qui circulent dans la formation sociale dans laquelle le discours s’inscrit. Autrement dit, si Marcelo avait été représenté comme une personne complètement efféminée, avec des gestes et des goûts associés à l’univers féminin (comme jouer à la poupée ou s’habiller comme une fille, par exemple), il divergerait complètement de la figure masculine, telle qu’elle est construite socialement et pourrait alors être rejeté, ce qui entrainerait aussi le rejet du (contre) discours présenté dans la vidéo.

En outre, si l’on considère de plus près la situation de communication – une relation pédagogique instaurée dans l’espace de l’école publique et tournée vers les élèves de lycée –, on remarque que l’énonciateur met en scène des valeurs qu’il interprète comme appartenant socialement à l’univers des jeunes gens (avoir des amis et une relation familiale solide, se sentir bien dans la relation à deux, etc.), auxquelles font écho l’usage du langage de l’animation et la présence de thèmes comme la jeunesse, la famille et les relations d’amitié.

Quant à l’homophobie, dont l’appellation désignait à l’origine les individus qui démontraient avoir peur des homosexuels, référant donc à l’état psychologique (Borrillo, 2010), elle se déplace, dans la vidéo, vers un autre espace pour renvoyer également à des problèmes d’ordre social, de portée collective. Ainsi une représentation psychosociale de l’homophobie se constitue-t-elle, dépassant la seule dimension psychologisante telle qu’elle avait à l’origine, ce qui revient à dire que l’homophobie n’est plus une question de « santé », mais un problème social. Ce phénomène nous décrit un cadre de transformations sociales et historiques dans lequel nous assistons au processus de construction de la visibilité et de la légitimité homosexuelle.

Ce déplacement de sens se manifeste dans le discours. Si une partie de l’histoire de l’homosexualité s’efface pour faire parler la nouveauté (la positivité de l’homosexualité), en ce qui concerne l’homophobie, il y a une addition de sens qui élargit l’extension initiale du terme (d’une question purement psychologique vers un problème social, ce qui est réitéré dans la vidéo par les regards désapprobateurs et les sanctions verbales et physiques des autres par rapport aux homosexuels), maintenant, cependant, la négativité qui imprègne le terme/concept depuis le début.

Si le discours est orienté vers le social – où il n’y a pas de neutralité, mais un espace dominé par des disputes marquées par des relations de pouvoir et de conflits idéologiques –, cela se matérialise pleinement dans/par le langage. Dans ce cas, cette étude nous permet de vérifier que le conflit idéologique entre les FDs de l’homosexualité et de l’hétéronormativité (qui légitime l’hétérosexualité) se manifeste très fortement par le biais des processus de construction de nouveaux sens (par exemple, la positivité de l’homosexualité), parallèlement aux réitérations de déjà-dits (comme nous l’avons dit, il n’y a pas de discours sans mémoire). Si l’on peut affirmer que le discours de la vidéo est essentiellement polysémique, puisqu’il inaugure de nouvelles perspectives (de nouveaux sens), il convient toutefois de rappeler le propos d’Orlandi (1988) à cet égard. L’auteure affirme que le discours polysémique « présente un équilibre tendu entre la polysémie et la paraphrase », ce qui met en évidence la dispute entre les interlocuteurs en montrant leurs « perspectives particularisantes » (Orlandi, 1988, p. 24).

Dans cette perspective, le texte étudié laisse apparaitre clairement un énonciateur qui assume un positionnement favorable à l’homosexualité et qui se met devant la projection d’un destinataire qui, peut-on supposer, ne partage pas la même perspective, compte tenu du titre de la vidéo, Peur de quoi ?, un énoncé essentiellement dialogique dans lequel on peut présupposer que le destinataire a, d’une certaine manière, peur de l’homosexualité (homophobie). La vidéo pousse donc le destinataire à s’interroger et à se défaire de ses peurs relatives à cette question en montrant qu’il s’agit de quelque chose de normal (inscrit dans la normativité).

Vu que les gens, en général, valorisent et légitiment le comportement hétérosexuel (et le contexte brésilien n’échappe pas à la règle), nous pouvons affirmer que le discours de l’hétéronormativité est, toujours à l’heure actuelle, le discours hégémonique dans notre formation sociale. En révélant un discours qui contrarie et affronte ce discours hégémonique, la vidéo en question peut être prise comme un contre-discours. Il y a donc une certaine inversion de valeurs dans le discours : l’attribution de valeurs positives à l’homosexualité et, par voie de conséquence, le discrédit de l’hétéronormativité.

Cette inversion de valeurs convoque une nouvelle configuration discursive, sans perdre de vue la mémoire construite à partir de l’hétéronormativité dans laquelle l’homosexualité et l’homosexuel ont été conçus comme étant hors norme. On y encourage donc la destitution de l’autorité des discours hétéronormatifs et l’on observe qu’y sont construites de nouvelles formes de classification pour l’homosexualité : elle est normale, elle est joyeuse, elle est un droit, etc. Il s’agit d’un discours qui mobilise un faire-savoir (relation pédagogique et didactique), principalement grâce à un faire-croire, dont l’objectif ultime est de changer la vision stéréotypée de l’homosexualité.

Ainsi, la vidéo met de côté une partie de la mémoire discursive qui construit l’homosexualité de façon négative et illégitime (associée à la promiscuité sexuelle, à l’efféminement, par exemple) en instaurant parallèlement des sens nouveaux qui gagnent de l’espace sur la scène discursive. Ces sens nouveaux initient une rupture avec la perspective dominante (hétéronormative), en déstabilisant l’autorité qui l’a constituée.

En considérant qu’il s’agit de l’inauguration d’un nouveau savoir, de la proposition d’une nouvelle forme de penser la réalité, nous pouvons comprendre, pour ce qui touche à la réception du kit, pourquoi plusieurs secteurs de la société brésilienne lui ont opposé une résistance. La discontinuité (rupture avec la tradition) se confronte à la continuité (maintien de la tradition), de telle sorte que le discours prévu dans la vidéo trouve en général difficilement sa place dans l’horizon d’attente de la société. Cela ne fait que répéter ce que nous savons déjà : notre société est encore majoritairement hétéronormative et manifeste des craintes par rapport à la légitimité (la reconnaissance publique, l’égalité de droits) de l’homosexualité et de l’homosexuel, malgré les conquêtes récentes.

Conclusion

Peur de quoi ? ne montre pas seulement la recherche d’effacement d’une mémoire (sociale et discursive) connue, mais également l’instauration d’une forme de signification différente (positive) de l’homosexualité. Comme nous le savons, il ne s’agit pas d’une représentation largement assumée par la société brésilienne. Au contraire, en attachant des valeurs positives à l’homosexualité, ces nouvelles formes de représentation brisent le caractère prévisible du discours hétéronormatif hégémonique, en imposant une nouvelle forme de penser qui heurte le savoir déjà construit et consolidé autour de la question. Tout semble indiquer que c’est pour cette raison que la présidente Dilma Rousseff, cédant aux pressions sociales et principalement à celles exercées par la branche évangélique du Congrès national, a fini par refuser la diffusion du « Kit antihomophobie » (ou « kit gay », sous une appellation plus radicale), ce qui montre la force du discours hégémonique, idéologiquement construit.

D’autre part, ce « nouveau » discours représente une voix qui s’élève (celle des identités homosexuelles) et s’annonce dans la foulée d’une trajectoire historique qui défend le droit à la différence et à l’égalité des droits (un présupposé de base des droits humains). Dans ce processus, au cours duquel se développe une articulation chaque jour plus solide entre les identités homosexuelles et la sphère politique, dans le but de promouvoir la citoyenneté homosexuelle, la thématique de l’homosexualité s’enrichit et acquiert de nouveaux contours – plus positifs – dans des espaces sociaux variés. C’est ce contexte qui légitime le discours sur lequel nous travaillons, un discours qui s’inscrit dans une perspective éthique et morale concernant la conception de l’homosexualité.


Références bibliographiques

BAUMAN Zygmunt, 1998, O mal-estar da pós-modernidade, Rio de Janeiro, Jorge Zahar.

BORRILLO Daniel, 2010, Homofobia : história e crítica de um preconceito, Belo Horizonte, Autêntica.

FIORIN José Luiz, 2006, Linguagem e ideologia, São Paulo, Ática.

HALL Stuart, 2006, A identidade cultural na pós-modernidade, Rio de Janeiro, DP&A.

MODESTO Edith, 2010, Homossexualidade, preconceito e intolerância: análise semiótica de depoimentos. Tese (Doutorado em Semiótica e Linguística Geral) – Faculdade de Filosofia, Letras e Ciências Humanas da Universidade de São Paulo, São Paulo.

MOSCOVICI Serge, 2012, Representações sociais: investigações em psicologia social. 4.ed. Petrópolis, Vozes.

NATIVIDADE Marcelo, OLIVEIRA Leandro de, 2009, « Sexualidades ameaçadoras: religião e homofobias em discursos evangélicos conservadores », Revista LatinoamericanaSexualidad, Salud y Sociedad, n. 2, p. 121-161.

ORLANDI Eni, 1988, Discurso e leitura, São Paulo, Cortez / Campinas, Ed. Unicamp.

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PÊCHEUX Michel, 2006, O discurso : estrutura ou acontecimento, Campinas, Pontes.

POLLAK Michael, 1992, « Memória e identidade social », Estudos Históricos, Rio de Janeiro, v. 5, nº 10, p. 200-212.

Notes

1 En quelques mots, l’hétéronormativité est une norme sociale qui considère le comportement hétérosexuel comme la seule façon légitime de vivre la sexualité, attachant beaucoup d’importance au sexe biologique et naturel (Natividade ; Oliveira, 2009, p. 125).

2 La désignation « postmodernité » ne renvoie pas à une marque chronologique, mais à un processus historique qui a pour caractéristiques le consumérisme, l’individualisme, le développement de nouvelles technologies et de nouvelles formes de communication, le plus grand contact entre les nations, etc. Face à ce nouvel « ordre », les individus font l’expérience de sentiments de fluidité, d’instabilité, voire de désordre (Bauman, 1998).

3 Il serait pertinent de faire figurer dans l’article quelques images de la vidéo en relation avec ce que nous commentons dans les analyses. Mais comme Peur de quoi ? a été interdite au Brésil, nous ne sommes pas autorisés à divulguer ses images. On peut toutefois voir la vidéo de manière informelle sur le site : https://www.youtube.com/watch?v=cIoeUqBxhi0.

4 Ils imaginent, par exemple, Marcelo, dans une église, avec une femme en robe de mariée et, après le mariage, le couple avec ses enfants.

5 Rappelons que, selon Pêcheux, les FDs matérialisent à travers le langage l’idéologie, ou plus précisément, les formations idéologiques (FIs) qui leur sont sous-jacentes.

Pour citer cet article

LARA Glaucia, FELICISIMO Manuella, « Représentations discursives de l’homosexualité et de l’homophobie au Brésil : Analyse de la vidéo "Peur de quoi" ? », Dossier électronique ADAL (Analyse des Discours de l’Amérique Latine): “Identités sociopolitiques dans les discours latino-américains”, été 2016, p. 4-15. URL : http://www.adalassociation.org/fr/documentation/108-dossier-identites-sociopolitiques/217-representations-discursives-de-l-homosexualite-et-de-l-homophobie-au-bresil-analyse-de-la-video-peur-de-quoi

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