Analyse des discours de l'Amérique latine


Le vendredi 22 avril 2016, ADAL a eu le plaisir d’accueillir :
  • Dominique Maingueneau (Professeur en Sciences du Langage – Université Paris-Sorbonne – Paris IV) pour une conférence intitulée : « Parole haute, parole basse : la voix des autres dans le discours politique »
Résumé :
Il est bien connu que la parole politique est foncièrement polyphonique, que le locuteur doit constamment se légitimer en faisant entendre d’autres voix dans la sienne. Je vais m’intéresser à deux manifestations de ce principe très différentes, mais complémentaires. Le premier est illustré par l’orateur républicain sous la Révolution française qui montre par son énonciation qu’il fait parler en lui l’Antiquité grecque ou latine. Le second cas est celui du locuteur qui se présente comme portant la voix d’individus qui ne sont pas audibles. Les deux phénomènes se situent sur des plans très différents : l’un s’appuie sur une mémoire collective, l’autre relève d’une logique de représentation politique. Mais dans les deux cas il y a mise en rapport d’une parole « haute » et d’une parole « basse », et la question de la médiation est cruciale : le locuteur doit montrer qu’il participe de deux mondes à la fois.